« L’Afrique, cela commence souvent par des idées reçues : la possibilité de faire fortune sans peine, les hommes soumis, les femmes dociles, un petit paradis pour les escrocs… Mais l’Afrique, cela se finit aussi souvent par une sévère désillusion. C’est ce qu’apprendra à ses dépends Jo, le personnage principal du deuxième roman de François Koltès, Des vêpres noires, paru chez Galaade.

Après la mort de sa femme, Jo décide de tout quitter pour l’Afrique. Il y rencontrera N’Na, une femme cabossée par la vie et qui rêve d’enfant ; Corneille, le chauffeur maladroit ; la jeune Abi qui refuse de dire son vrai nom et qui doit s’occuper de sa petite soeur malade et bien d’autres personnages qui trainent leur triste vie disloquée. Car, à côté des voitures qui rouillent, les hommes, eux, dérouillent. Dans cette Afrique fantôme, Jo y perdra non seulement sa fortune dans des affaires qui tournent mal, mais aussi ses maigres espérances en une vie plus ensoleillée.

On a du mal à croire que Des vêpres noires ne soit que le deuxième roman de François Koltès, tant l’exercice est parfaitement maîtrisé, la plume magnifiquement poétique et trempée dans le vitriole. Et si le nom de Koltès vous paraît familier, ce n’est pas une erreur, le romancier est le frère de Bernard-Marie Koltès, le célèbre dramaturge révolté. Dorénavant on songera aussi au plus romancier des deux frères quand on évoquera le nom de Koltès.

En plus d’avoir du talent, François Koltès arrive à se rendre disponible entre deux voyages, lui qui parcourt l’Afrique depuis plus de vingt ans. A l’occasion du Salon du livre de Paris qui vient d’avoir lieu, il a eu la gentillesse de se livrer devant notre caméra indiscrète. »

(Vidéo et critique réalisées par David Vincent et Gwénaël Rocher au moment du Salon du livre de Paris 2010 pour le site de la librairie Mollat, à Bordeaux)