« Merci d'avoir répondu oui à cette invitation. Oui, si nombreux. C'est une très belle surprise qui rend la soirée moins formelle.
Merci à Alain Fleischer, Daniel Handler, François Koltès et Denis Lavant d'avoir accepté de participer à cette soirée qui, pour Galaade, marque une étape. [...]

En trois ans, nous nous sommes réunis déjà deux fois. C'était à la maison de l'Amérique latine où François Vitrani a toujours été un hôte bienveillant. Il y a eu septembre 2006 autour de Jean-Pierre Vernant, en compagnie de Maurice Olender. Puis septembre 2007 avec Irvin Yalom. De magnifiques rencontres où se répondaient l'émotion, l'intelligence et l'émulation, et qui marquent chacune une étape dans la petite histoire de Galaade et son itinéraire éditorial. Nous voici aujourd'hui réunis pour la troisième fois en septembre 2008, cette fois à l'occasion de la rentrée littéraire.

Ce soir, toute la politique éditoriale de Galaade est représentée : fiction/essais. Littérature étrangère. Littérature française. Se mêlant dans le souci d'une cohérence et d'une exigence toujours plus grande.
Irvin Yalom, Daniel Handler, Alain Fleischer et François Koltès. Tels sont les noms de la rentrée littéraire de Galaade. Auxquels j'ajouterai Claude Vigée avec Mon heure sur la Terre (paru tout récemment et de nouveau disponible) et Béatrice Douvre avec La Passante du péril, à paraître bientôt dans la collection « Le siècle des poètes » dirigée par Jean-Yves Masson. Merci Claude d'être là ce soir. Merci à madame de Vaublanc, et merci à toi Jean-Yves de m'aider dans l'invention de cette collection.

Inscrire une maison d'édition dans l'espace et dans le temps, c'est un étrange pari, surtout aujourd'hui, mais pourquoi pas. C'est un risque qui en vaut vraiment la peine surtout quand il s'accompagne d'un autre pari : celui de faire découvrir un auteur. Ce pari, Galaade l'a fait – avec Irvin Yalom. Octobre 2005 : Apprendre à mourir. La méthode Schopenhauer et Le Bourreau de l'amour. Mai 2006 : Mensonges sur le divan (de nouveau disponible en grand format). Août 2007 : Et Nietzsche a pleuré. 2008 : La Malédiction du chat hongrois – suivi très bientôt de Thérapie existentielle.
Nous y voilà. Sans rien dévoiler de sa vie que l'on devine dans ses écrits riche et pleine, de son curriculum vitae particulièrement long et qu'il serait fastidieux de détailler ici, je dirais simplement qu'Irvin Yalom est aux États-Unis considéré comme l'un des plus grands psychothérapeutes. Mais il est aussi, dans le monde entier, un véritable écrivain.
Il n'a pas pu être présent aujourd'hui et le regrette vivement. Aussi vais-je le représenter – pas tout à fait seule – car je me sais accompagnée. Merci Marilyn Yalom d'avoir tout fait pour être présente ce soir aux côtés de Galaade. Merci pour votre confiance. [Suit la lecture d'un extrait de La Malédiction du chat hongrois]

Autre écrivain venu des États-Unis et que nous avons la chance d'accueillir ce soir : Daniel Handler.
Bonjour Daniel et merci de vous prêter ce soir au jeu de l'entretien autour de votre premier livre publié en France sous votre nom : L'Amour adverbe.
Daniel Handler, vous vivez à San Francisco où vous êtes né. Vous êtes un homme pluriel : tour à tour écrivain, scénariste ou musicien, vous êtes aussi engagé politiquement aux côtés du parti démocrate aux États-Unis. Vous avez un amour frénétique pour les mots et la musique n'est pas étrangère à l'atmosphère originale de vos livres.
Les Français vous connaissent sans vous connaître. Car vous êtes en effet l'auteur sous le nom de Lemony Snicket des Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire.
Mais c'est avec L'Amour adverbe sous le nom de Daniel Handler que j'ai choisi de vous faire découvrir en France. L'amour adverbe, ça commence comme ça : « Il y avait de l'amour dans l'air, alors nous avons tous les deux traversé l'amour en avançant vers le carrefour. » [Suit la lecture d'un extrait de L'Amour adverbe]

Fictions/Essais. Littérature étrangère/littérature française. Telle est je l'ai dit la politique éditoriale de Galaade.
Alain Fleischer, je vous remercie d'avoir accepté de venir ce soir. Je sais combien vous êtes sollicité, et ce d'autant plus que vous venez de publier deux autres textes présents dans la rentrée littéraire de cette année. On le sait, vous êtes tour à tour écrivain, cinéaste, photographe, plasticien et directeur du studio national des Arts contemporains au Fresnoy, dont vous avez conçu et mis en œuvre le projet.
La première fois que je vous ai rencontré c'était dans un de vos romans. Il s'agissait d'Immersion qui se passe à Venise, ville indéfiniment plongée dans ce que le photographe appelle un « bain d'arrêt », entre révélation et fixation des images. J'ai eu envie de découvrir vos nombreuses vies. Il en est né, grâce à des complicités secrètes et amicales, un livre publié aux éditions Galaade et intitulé Les Laboratoires du temps : le voici et je suis fière de vous offrir ce soir le premier exemplaire ; il sera en librairie le 9 octobre. [Suit une discussion avec Alain Fleischer]

Dans son tout jeune catalogue, Galaade a publié encore assez peu de littérature française. Après Vénus et Adam d'Alain Foix et Vasilsca de Marc Lepape, j'ai voulu que soit présent dans cette rentrée un texte que son auteur m'a confié il y a déjà quelques temps : il s'agit de Petit homme tu pleures de François Koltès.
François Koltès n'est pas tout à fait un inconnu, puisqu'il est le frère et l'ayant droit de Bernard-Marie Koltès. Mais surtout, il est un remarquable écrivain.
François, bonsoir. Je sais que vous êtes présent, dissimulé parmi nos invités. Ce soir, vous avez en effet choisi que vos mots et vos silences soient portés par une autre voix que la vôtre ou la mienne. Et c'est avec une grande émotion que j'accueille Denis Lavant. Merci Denis d'avoir accepté notre invitation. [Suit une lecture de Petit homme tu pleures par Denis Lavant]
Difficile de reprendre la parole après tant de dits et de non-dits. Merci Denis. Merci François.

Alors juste un mot pour finir ou plutôt pour continuer autrement cette soirée. Au nom de Galaade, je vous invite à boire un verre en toute amitié, dans ce lieu d'ouverture, de dialogue et de convivialité. »

Emmanuelle Collas, le 23 septembre 2008.